Voyage au cœur de l'inspiration
Bienvenue dans mes coups de cœur !
Parce que l’inspiration est le moteur de la motivation, et que la motivation est essentielle au changement, je vous propose ici de mettre à l’honneur régulièrement un(e) artiste et ses œuvres qui m’ont inspirée et m’inspirent au quotidien. J’espère que vous y trouverez une invitation au voyage, un regard différent, de la beauté et, qui sait, si cet art résonne en vous, de l’inspiration pour votre propre chemin.
Charlotte Desnoë Durande
Poétesse végétale.
Son art ( photos, poésie, dessins...) est une invitation à accueillir la fragilité de la vie comme un trésor inestimable avec une douceur absolue. Laissez vous entraîner par sa sensibilité unique .
Belle découverte !


La Faille et la Flore
Ferme les yeux.
Écoute le silence se déplier comme un tissu léger.
Tu es là, au bord d’une pierre, d’un souvenir, d’une page blanche.
Tout paraît stable, lisse — et pourtant, il y a une faille.
Une ligne, presque invisible, où le monde respire.
C’est par là que tout commence.
C’est par là que l’eau s’infiltre,
que le vent glisse sa main,
que la lumière cherche à entrer.
Regarde.
Dans cette fente minuscule,
quelque chose pousse.
Un germe.
Une tige fragile qui ne sait pas encore son nom.
La faille, ce n’est pas la blessure :
c’est le passage.
Le lieu du devenir.
L’endroit où la terre se souvient de sa douceur.
Tu pourrais croire qu’il n’y a rien,
que tout est sec, fissuré, perdu —
mais si tu attends un peu,
si tu poses ton regard comme on pose un souffle,
tu verras la lenteur du vert s’éveiller.
Un peu de mousse.
Une racine timide.
Une fleur minuscule qui défie la pierre.
Et dans cette germination discrète,
le monde recommence.
Alors, peins la faille.
Peins la craquelure, la brisure, la trace du temps.
Laisse l’eau de ton pinceau s’y engouffrer comme une pluie première.
Regarde les pigments s’étendre, se mêler, se dissoudre —
c’est la flore qui naît, là, dans ton geste.
Colle des fragments :
une feuille arrachée, un papier déchiré, un bout de ciel.
Rassemble les morceaux du monde,
sans chercher à les réparer.
Laisse-les respirer ensemble,
dans la douceur de leur rencontre imparfaite.
Et si une larme, un souvenir,
vient s’y mêler —
accueille-le aussi.
Les larmes sont des rivières anciennes
qui connaissent le chemin des racines.
La faille est un espace d’accueil.
C’est là que la lumière entre.
C’est là que tu peux replanter ton souffle,
comme une graine dans le silence.
Reste un instant.
Ne cherche rien à comprendre.
Laisse la terre intérieure s’ouvrir doucement.
Tu es la pierre et la fleur.
Tu es la fissure et la sève.
Tu es le geste qui relie,
le souffle qui recommence.
Et quand tu rouvriras les yeux,
il y aura peut-être sur la page —
ou dans ton cœur —
une nouvelle flore,
née du creux, du fragile, du vrai.

"Là ou la faille devient flore "
« Là où la faille devient flore
Il n’y a pas d’un côté la blessure
et de l’autre ce qui pousse.
Il y a le même endroit.
La même terre
qui se fend
et qui nourrit.
Dans la faille,
l’ombre s’installe d’abord.
Elle garde l’humidité,
elle ralentit le temps,
elle rend possible
ce qui ne supporte pas la pleine lumière.
Puis quelque chose s’y risque.
Une racine fine,
une mousse discrète,
une feuille qui tremble.
La lumière n’arrive pas en force.
Elle glisse.
Elle s’infiltre.
Et ce qui pousse ici
n’est pas droit,
n’est pas spectaculaire,
mais vivant.
Nos ombres font ce travail-là.
Elles préparent le sol.
Nos lumières ne réparent rien.
Elles révèlent.
Entre les deux,
quelque chose apprend à tenir.
Ce n’est ni victoire ni effacement.
C’est un paysage intérieur
où la faille et la flore
partagent la même racine. »